La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative fatale à l’étiologie complexe. Des données récentes suggèrent l’implication d’une dysbiose du microbiote intestinal dans la pathologie de la SLA via l’axe intestin-cerveau. Cependant, le profil intégré spécifique du microbiome, du virome et du métabolome intestinaux, notamment chez les patients chinois, reste encore mal caractérisé. Bien que les indices de diversité globale n’aient pas montré de différences significatives, l’analyse taxonomique a révélé des modifications de composition distinctes. Le microbiome des patients atteints de SLA était caractérisé par une diminution significative des genres anti-inflammatoires bénéfiques, en particulier Akkermansia et Faecalibacterium , et une expansion des pathogènes opportunistes tels qu’Escherichia et des taxons associés à la cavité buccale (par exemple, Streptococcus ). Nous avons également observé une altération spécifique du virome intestinal, avec un enrichissement des genres viraux Puppervirus et Donellivirus chez ces patients. Sur le plan fonctionnel, le microbiome des patients atteints de SLA présentait une forte surexpression des voies impliquées dans la dégradation du L-ascorbate (vitamine C) et la biosynthèse des acides gras, suggérant une contribution microbienne au stress oxydatif systémique. L’analyse métabolomique a corroboré ces résultats, identifiant 271 métabolites différentiellement exprimés. Les patients atteints de SLA présentaient des taux élevés de lipides inflammatoires (par exemple, LysoPC) et d’intermédiaires métaboliques du cycle de l’acide tricarboxylique (TCA), ainsi qu’une diminution des antioxydants. L’analyse intégrative a mis en évidence une profonde dysrégulation du métabolisme des porphyrines, de la phosphorylation oxydative et de l’homéostasie énergétique. Nos résultats démontrent que la SLA est associée à un écosystème intestinal dysbiotique spécifique, caractérisé par la perte de commensaux protecteurs, des signatures virales uniques et une reprogrammation métabolique fonctionnelle qui exacerbe le stress oxydatif et les déficits énergétiques de l’hôte. Ces résultats apportent de nouvelles perspectives sur les interactions intestin-cerveau et soulignent l’intérêt de la déplétion des antioxydants microbiens comme cible thérapeutique potentielle

L’analyse multi-omique intégrée révèle une dysbiose intestinale et une altération du métabolisme énergétique chez les patients chinois atteints de SLA