Microbiote intestinal (flore intestinale)

Une piste sérieuse pour comprendre l’origine de nombreuses maladie

L’intestin héberge 200 millions de neurones. C’est autant que le cerveau d’un chien ou d’un chat ! Ces neurones communiquent en permanence avec ceux du cerveau. Dans le cadre de l’axe cerveau-intestin, les recherches récentes s’intéressent à cet ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes qui constitue notre microbiote intestinal (ou flore intestinale).

On sait désormais qu’il joue un rôle dans les fonctions digestives, métaboliques, immunitaires et neurologiques.

Les 100 000 milliards de bactéries qu’il contient et de part un déséquilibre que l’on appelle dysbiose (l’altération qualitative et/ou fonctionnelle de le flore intestinale), ce microbiote intestinal pourrait être impliqué dans certaines maladies neurodégénératives (Parkison, Alzheimer, SLA), des troubles de l’humeur (stress, anxiété…) ou des maladies psychiques (dépression, autisme…).

Quand le microbiote rend service à l’organisme

Le microbiote intestinal assure son propre métabolisme en puisant dans nos aliments (notamment parmi les fibres alimentaires). Dans le même temps, les micro-organismes qui le constituent jouent un rôle direct dans la digestion :

  • Ils assurent la fermentation des substrats et des résidus alimentaires non digestibles.
  • Ils facilitent l’assimilation des nutriments grâce à un ensemble d’enzymes dont les cellules humaines sont dépourvues.
  • Ils assurent l’hydrolyse de l’amidon, de la cellulose, des polysaccharides
  • Ils participent à la synthèse de certaines vitamines (vitamine K, certaines vitamines B) et à trois acides aminés essentiels : la valine, la leucine et l’isoleucine.
  • Ils régulent plusieurs voies métaboliques : absorption des acides gras, du calcium, du magnésium…

Des animaux élevés sans microbiote (dits axéniques) ont ainsi des besoins énergétiques 20 à 30 % fois supérieurs à ceux d’un animal normal.

Intestin/cerveau comment communiquent t’ils ? 

D’un point de vue anatomique, la voie de communication la plus évidente est la voie nerveuse. En effet le cerveau, à travers ses connexions avec la moelle épinière, mais aussi via le nerf vague (qui relie quasiment tous les viscères au système nerveux central), est directement connecté à l’intestin. On sait par exemple depuis bien longtemps que ces nerfs contrôlent l’activité de certains muscles, participant ainsi à la fonction digestive. Cette voie est extrêmement rapide, de l’ordre de la seconde.

Plus récemment, les recherches ont démontré que les neurones qui composent ces nerfs sont capables de détecter, transmettre et interpréter des signaux locaux tels que la quantité de nutriments, mais aussi la quantité et la nature des microorganismes composant le microbiote.

D’autre part, il est évident que l’intestin et le cerveau peuvent communiquer de manière plus indirecte, à travers la voie sanguine. Ainsi, toute molécule qui circule dans le sang va voyager dans l’intestin et le cerveau, en passant par l’ensemble du corps. Cette voie est moins rapide que la précédente, plutôt de l’ordre de la minute.

Encore une fois, il est scientifiquement établi que le cerveau peut agir sur les viscères au même titre que sur les muscles à travers la production d’hormones, qui sont libérées dans le sang.

De la même manière, un signal tel que la quantité de nutriments ingérée au cours d’un repas peut être transmis au cerveau via la reconnaissance du nutriment lui-même, circulant dans le sang, directement au sein du cerveau.

Microbiote et maladies neurodégénératives

Des données récentes, suggèrent qu’une dysbiose pourrait être un élément précoce dans le développement de certaines pathologies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson. Dans cette dernière, des peptides amyloïdes produits par certaines espèces bactériennes (E Coli) peuvent favoriser la production de peptides amyloïdes dans le système nerveux central (SNC) et dans le cerveau de l’hôte – notamment des formes agrégées d’alpha-synucléine. Cela contribuerait aux troubles digestifs et comportementaux. De plus, la place du tube digestif dans l’origine de certaines formes de la maladie de Parkinson est renforcée par le fait que l’alpha-synucléine pathologique présente dans le tube digestif peut se propager jusqu’au SNC, via le nerf vague. Elle y provoque des cascades d’agrégation qui favorisent le développement de la maladie. D’ailleurs, il est démontré que l’incidence de cette maladie est moins élevée chez les personnes qui ont eu une vagotomie (section du nerf vague). La gravité des symptômes parkinsoniens est en outre corrélée à la concentration d’une espèce bactérienne particulière (Entérobactericeae) dans le microbiote des patients.

Dans la maladie d’Alzheimer, les données sont moins probantes, mais une modification du microbiote a été mise en évidence dans les phases précoces du déclin cognitif.

Pour la SLA, nous vous invitons à visiter notre rubrique articles 

Ces maladies du cerveau liées à l’alimentation

Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaque… Plusieurs maladies neurologiques seraient liées à notre alimentation selon Sophie Yvon. Voilà comment.

Microbiote intestinal et maladies chroniques Joël DORE

Le microbe est-il le meilleur ami de l’homme ? Oui à condition qu’on le nourrisse bien et que l’on apprenne à mieux connaître notre microbiote intestinal en évitant les guerres intestines et autres inflammations.

Pour infos : Altération de la symbiose hôte microbiote dans les maladies chroniques

4 axes qui s’auto-entretiennent :

Inflammation

Stress oxydatif

Perte de richesse du microbiote intestinal

Perméabilité intestinale

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